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Interventions citoyennes

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Mail du 16 septembre 2010 : une bonne nouvelle éolienne

 

"Bonjour à tous.
 
Le projet de ZDE porté par la Communauté de Communes "Roussillon-Conflent" sur les sites de Montalba (Fenouillèdes)/Rodès/Bélesta a reçu un avis défavorable de la part du préfet des Pyrénées-Orientales, en date du 14 septembre 2010.
 
La farce électricole de Jacques Roigt, collaborateur local agité du lobby éolien, sur le Plateau de Montalba, littéralement "insensée", est close.
 
Notre association y aura consacré, pour sa part, un an et demi de son temps et de son énergie. Ce territoire en vaut la peine... Plaider pour le bon sens et l'intérêt général, aussi.
 
Merci à tous.
A titre personnel, je remercie chaleureusement tout le réseau associatif qui nous a appuyé, pour dire l'évidence, auprès de nos interlocuteurs institutionnels.

Merci aussi aux "sentinelles de l'environnement", et en particulier au Murin de Capaccini et au Vespertillon de Schreiber. Qu'ils trouvent ici un ilôt de liberté. Comme nous tous.

Saluts citoyens."

Chevaux & Chemins

 
 
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Notification préfectorale à Monsieur le président de la communauté de communes Roussillon Conflent du 14 septembre 2010

"A l'issue de l'instruction, j'ai le regret de vous faire connaître que votre proposition n'a pas été retenue. En effet, en dépit d'un potentiel éolien favorable et des possibilités de raccordement électrique, votre demande présente notamment un point de discordance avec la qualité patrimoniale et paysagère du territoire concerné compte tenu du manque de pertinence de l'analyse patrimoniale et paysagère du dossier déposé. De plus, un défaut de cohérence départementale du projet lié à l'opposition d'une majorité des communes limitrophes qui n'ont pas partagé votre souhait de développer l'éolien sur ce secteur a été relevé, soulignant un manque dans la concertation préalable. Enfin, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites a émis un avis défavorable sur votre projet."

 

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« Le passage en force de la décision, au nom de l’intérêt supérieur (…), n’est plus concevable », dans un contexte général de « contestation des systèmes d’expertise, montée des conflits liés à l’environnement, défiance à l’égard de la démocratie représentative ».
Loïc Blondiaux , professeur de Science Politique à Paris-I.

1. Chroniques éoliennes

2. Actions pour la biodiversité

1. Chroniques éoliennes

Depuis plusieurs années des projets éoliens tentent paradoxalement d'industrialiser le Plateau de Montalba.

5 refus de permis de construire de parcs d’aérogénérateurs ont déjà été prononcés par le Préfet au nom de l’Etat, « dans un secteur particulièrement sensible du fait de la qualité de son patrimoine naturel, culturel et paysager » :

• Parc éolien Ldt La Bouxeta, Montalba (9 éoliennes + 1 poste électrique)
Réf n° PC6611106C0002
• Parc éolien Ldt Plane de Mansa, Montalba (9 éoliennes + 1 poste électrique)
Réf n° PC6611106C0003
• Pôle éolien Ldt Las Bousigos-La Fount del Loup-Col de Saint-Jean, Trilla (7 machines)
Réf n° PC6621606J0003
• « Ferme éolienne » Ldt La Perillounie-La Trufière-Le Col des Auzines, Trevillach (13 éoliennes)
Réf n° PC6621506C0006
• Ainsi qu’un projet antérieur sur la commune de Bélesta
 

Aujourd'hui, ce territoire est à nouveau menacé par un projet de Zone de Développement Eolien (ZDE), élaboré sans la moindre information, sans le moindre dialogue, sans la moindre concertation (en contradiction totale avec les préconisations ministérielles sans cesse réitérées : planification du développement de l'énergie éolienne terrestre, 26 février 2009). Nous avons affaire ici à un contre-exemple caricatural de projet de ZDE.

Depuis Juin 2009, notre association prend position pour que ce territoire ne devienne pas une colonie du lobby électro-éolien, au mépris des terres et des gens, sous un cynique déguisement de "développement durable".

 

jeudi 11 juin 2009

 

A Monsieur le Maire de Montalba-le-Château, M. Jacques Roigt.

 

Devant l'impossibilité d'avoir, de la part du Maire de Montalba, la moindre explication sérieuse ou le moindre rendez-vous d'information concernant un projet de ZDE particulièrement alarmant et tortueux, je vais passer par la seule voie démocratique possible qui reste, pour dire mon opinion : la "lettre ouverte".

Sur ce point précis, et sur ce point seulement, je vais donc vous donner mon sentiment et dire mon inquiétude, particulièrement en tant que président de l'association "Chevaux & Chemins", qui évolue et travaille, depuis longtemps, comme vous le savez, sur le territoire actuellement menacé.

Vous connaissez la loi du genre. C'est une lettre d'humeur.

Je vous réaffirme toute mon incompréhension devant, d'abord, un tel projet qui nous semble aberrant de bout en bout; ensuite, devant la curieuse façon dont il a été opaquement (mal)mené; et, enfin et surtout, devant le peu de cas que vous avez fait des gens, dans cette affaire.

J'aurais préféré vous dire tout ceci directement, sereinement comme toujours, si vous aviez pris la peine de vous inquiéter de notre avis ou si, seulement, vous aviez accepté de nous recevoir.

Aux uns et aux autres de prendre, en connaissance de cause et en conscience, leurs responsabilités.

Bien entendu, il n'y a rien de personnel dans cette affaire. Et, cela va sans dire, aucun reproche "ad hominem".

En revanche, nous sommes en désaccord total sur cette question précise de  ZDE, sur la façon antidémocratique dont a été monté le dossier et sur les désinformations qui l'ont accompagné, y compris en conseil municipal (vous le savez mieux que personne); ainsi que sur les  futurs parcs d' aérogénérateurs qui seraient, pour nous, en l'état, catastrophiques.

Plus grave, à mes yeux, la gestion politique de ce dossier est inexcusable, pour un homme qui se revendique, en privé, en tout cas, de gauche.

Il s'agit ici d'un dérapage total et incompréhensible pour nous.

 

Cordialement.

Antonio Palacios.

Association Chevaux & Chemins.

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« Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Montalba-le-Château »

 

Monsieur le Maire,

j’ai tenté, en vain, comme beaucoup d’entre nous, d’obtenir des rendez-vous d’information, avec vous, sur le dossier de ZDE en cours. Refus.

Non pas seulement pour parler de vos projets répétés d’aérogénérateurs. C’est un débat technique et financier qui malheureusement risque de nous dépasser tous, si nous n’y prenons pas garde. Mais pour parler de démocratie.

Et là, j’estime avoir des comptes à vous demander, puisque vous estimez n’avoir de comptes à rendre à personne.

Je le fais en tant qu’habitant de Montalba, concerné par mes intérêts locaux et la qualité de mon cadre de vie; en tant qu’électeur ayant hélas voté pour vous aux dernières élections; en tant que citoyen aussi, inquiet des dérives municipales actuelles, concernant l’avenir du territoire, et la teneur des prises de décision à ce sujet; surtout, en tant que président d’une association, « Chevaux & Chemins », qui a, depuis sa création en 2002, beaucoup travaillé, comme vous le savez, sur l’étude et la mise en valeur notre fragile patrimoine territorial; et, en particulier, sur la zone concernée par la ZDE, depuis que l’ incendie de 2005 avait fort opportunément débroussaillé ces grands espaces, mettant à jour des vestiges archéologiques d’un intérêt certain pour notre histoire rurale (voir, entre autres, le colloque organisé par l’Université de Perpignan : « Archéologie de la montagne brûlée », auquel vous assistiez).

Voici donc ce que je vous aurais dit, si vous m’aviez reçu.

 

Les règles du jeu, en théorie

Nul n’étant censé ignorer la loi, et ayant récemment cessé de vous faire confiance, nous nous sommes donc renseignés attentivement, auprès des administrations compétentes, sur cet inquiétant projet, monté dans la plus grande opacité. Nous avons, par ailleurs, pris l’avis de consultants indépendants et attentifs à nos interrogations.

La position du Ministère de l’Ecologie, consulté récemment sur les Zones de Développement Eolien (ZDE) est très claire: « Sur le principe nous sommes favorables à l'implantation de parcs de grandes tailles, ce qui permet d'éviter le mitage, mais à la condition que la zone soit judicieusement choisie d'un point de vue paysager et patrimonial, et en prenant soin à mener une concertation* approfondie avec l'ensemble des parties prenantes ».
*Concertation : Politique de consultation des intéressés avant toute décision (définition du dictionnaire).

 

La position des experts en charge du projet, l’agence « Energies et Territoires Développement », est limpide elle aussi, du moins sur leur site internet (http://www.etd-energies.fr/) :
« La base de notre démarche réside dans l'intégration à la phase d'étude d'une démarche de communication et d'échange, adaptée à l'échelle du territoire étudié. La stratégie de communication est définie en étroite concertation avec le Maître d'Ouvrage ».

Convaincante publicité, et d’honnête facture. Jusqu’ici, tout allait bien…

En 2002, quand vous avez été sollicité, déjà, pour un programme éolien, vous m’aviez assuré : « Dans ce domaine, je ne ferai rien sans l’accord de la population ». Et nous avons commis l’erreur de vous croire.
Depuis, vous nous avez beaucoup… désinformé.

 

La réalité sur le terrain

« Que l’on ment, que l’on ment ! » (Le Corbusier)

Les directives ministérielles ayant été très volontairement oubliées, la « stratégie de communication » des politiques et des experts, « en étroite concertation » ( !), entre eux donc, a été ici le silence complet et, disons-le en termes épistolaires courtois, des positions… assez peu convenables :

• non-information scrupuleuse des populations concernées, ni des gens travaillant professionnellement sur ce territoire, ni des associations de terrain actives depuis longtemps sur le patrimoine et le paysage ;
• non-concertation absolue, par voie de conséquence, avec quiconque ; 
• plus grave encore, « désinformation », comme s’il s’agissait de s’acquitter de formalités administratives sans conséquences ou même réclamées par telle autorité départementale ou régionale ;
• décisions en conseil municipal prises en totale méconnaissance de cause, sans idée des scénarios possibles engageant l’avenir ; 
• refus de répondre à des demandes de renseignements plus que légitimes et inquiètes ;
• enfin, hostilité à tout dialogue (« prématuré », m’avez-vous fait dire, alors que le dossier était déjà bouclé !).

 

C’est beaucoup. C’est trop.

Ce sont des postures d’un autre temps et une conception de la vie publique que nous pensions révolues, sous nos climats.
De la même façon qu’un lotissement est fait pour accueillir des maisons, une ZDE est conçue aujourd’hui pour qu’on y installe, à court terme, d’énormes parcs éoliens. Contrairement à ce que, avec culot, vous avancez, pour rassurer vos interpellateurs, à juste titre alarmés...
Vous êtes, de longue date, en commissions, un candidat militant à l’installation d’aérogénérateurs industriels sur notre territoire (nous sommes du reste, pour cela, la risée de la Communauté de Communes), tout en vous abritant derrière de prétendues décisions d’instances extérieures ! « Rien ne se fera sans l’accord des maires » nous dit, pourtant, de façon explicite, M. Robert Olive…
L’exercice était intenable : Comment participer au montage d’un dossier de ZDE, ici à l’insu de tous, tout en assurant la Communauté de Communes de la ferveur éolienne montalbanaise ! Vous vous êtes égaré dans un double discours (ou plutôt un silence et un discours) sans avoir eu, au plan local, l’honnêteté d’assumer vos choix personnels éoliens, de les exposer, de les argumenter et de les défendre.
C’est pourtant ce que nous attendions de vous.

En politique, une telle attitude n’a que trois explications : soit la position est indéfendable; soit on cherche à dissimuler ses objectifs; soit on estime n’avoir aucun compte à rendre à qui que ce soit. Ou les trois à la fois… Dans tous les cas, la démocratie locale est gravement malmenée.

 

Un projet de ZDE « hors-la-loi »

Ce projet qui arrive ces jours-ci en Préfecture présente la particularité étonnante d’être intégralement non-conforme aux préconisations ministérielles.

C’est un cas d’école : « Comment faire faux ? ». Peut-on faire plus faux ?..

Aux trois recommandations avancées, cet exercice répond par leur exact contraire :

1/ Il propose un « pré-mitage » (nous revendiquons le terme…) du territoire, qui prend notre village en tenaille entre deux futurs parcs éoliens, l’un vers le Canigou, l’autre vers la Méditerranée !
2/ Il propose de détruire localement une zone d’une qualité en tous points exceptionnelle, par méconnaissance totale du terrain :
• le dernier fragment de maquis méditerranéen encore intact en France, avec toute sa mémoire historique sédimentée depuis 6000 ans et les vestiges bien conservés de nos architectures et pratiques rurales (ce que nous appelons, après J.M. Durrou, les « traces de l’homme », dans notre inventaire) ;
• un biotope reconnu comme fragile et rare, dont on a entrepris, depuis des années, la préservation ;

• enfin, un environnement paysager somptueux, qui est le patrimoine de tous, en balcon ouvert sur le Canigou et la côte méditerranéenne, on l’a dit ; et en vue, au loin, sur Serrabone, le Fort Libéria (récemment classé au Patrimoine Mondial par l’UNESCO, comme nous le savons tous), et bien sûr l’emblématique château de Quéribus … Une proximité de symboles, local, régional et mondial.

Nous ne sommes pas ici sur une friche à industrialiser. Il y a, certes, encore, une méconnaissance de l’exceptionnelle richesse patrimoniale de ce site, mais aussi une volonté politique têtue d’en ignorer volontairement l’importance et la valeur.

3/ Au lieu de la concertation requise avec insistance par le Ministère, aucun contact n’a été pris avec les gens qui vivent, travaillent, évoluent, agissent sur ce territoire, en cours de revitalisation rurale et touristique exemplaire, et pensent un peu le connaître, avec quelque raison.

Prenant toujours l’avis d’experts indépendants (il en existe heureusement encore beaucoup), il nous a été suggéré deux hypothèses :

1/ Ce projet a été bâclé par des imbéciles, nous dit-on, moqueurs ;

2/ Ou bien il est porté par des politiques arrogants estimant n’avoir de comptes à rendre à personne, et assurés de pouvoir faire valider leurs objectifs, à bas bruit. La stratégie du fait accompli.

On remarquera avec désenchantement que, dans ce pays, quand un montage est particulièrement obscur, suspect et équivoque, on dit toujours, en première intention, « c’est un projet politique »…

Par manque d’informations, nous n’avons pas d’autres hypothèses à avancer. Il ne tient qu’à vous, Monsieur le Maire, de nous donner enfin sérieusement votre version (vous auriez dû commencer par là) :

1/ sur les avantages et les inconvénients réels, pour notre commune, d’un projet de ZDE, automatiquement suivi de l’implantation de plusieurs parcs d’aérogénérateurs industriels ; 

2/ sur la répartition d’un « gâteau éolien » dont personne à ce jour n’est capable (ou n’a envie) de parler avec sérieux, chiffres en main ;

3/ sur le non-respect total des protocoles prévus par le Ministère, dans l’élaboration du projet ;

4/ et sur l’usage que ferait la commune des miettes financières recueillies. Au simple plan économique, compenseraient-elles seulement la brutale dévaluation immobilière des villages et la destruction mécanique des activités liées à la qualité de notre patrimoine rural, qui viennent dynamiquement de s’y créer, et s’y développent depuis quelques années ?

Le principal outil de travail de nos politiques locaux a été ici la langue bois, alors que, pour nous, ces enjeux sont vitaux. Déception.

 

Un dérapage municipal

Pour l’instant, vous vous êtes réfugié dans un mutisme inaccessible (pour gagner du temps ?). Ce n’est pas une position digne d’un élu.

A des demandes d’information publiques et légitimes, vous avez répondu par un tract municipal insultant (« populisme nauséabond », comme vous écrivez, ne me semble pas une analyse politique pertinente. Cela renvoie à des temps obscurs, et de sinistre mémoire). Vous avez perdu, Monsieur, votre sang-froid.

C’est un projet aveugle que vous avez fait voter en conseil municipal.

N’étant bien entendu (et n’ayant jamais été) candidat à rien, je vous parle très librement : Vous avez été élu sans programme, sans étiquette politique affichée (à la bonne franquette, comme souvent dans nos villages). Pour donc une mission de gestionnaire, dont vous vous étiez bien acquitté jusqu’ici. Mais, en aucun cas, ni vous ni le conseil municipal n’avez été mandatés pour prendre des décisions aussi capitales, qui engagent loin l’avenir de notre commune. Encore moins, à notre insu. Il y a là un abus manifeste dans l’usage de votre mandat. Et ici, le conseil municipal, trop désinvolte ou trop mal informé, n’a pas joué son rôle de garde-fou, dans un cadre désormais autoritariste. Les ZDE et les parcs éoliens ne figuraient pas sur le…programme électoral.

Pas d’information donnée, pas de concertation, pas de respect des autres. Donc, pas de démocratie quotidienne possible pour nous… Sur ces trois points, vous avez, Monsieur le Maire, été défaillant.

 

L’argent est un labyrinthe

(Reporters, série télévisée, 6e épisode)

De ce point, pour l’instant, nous ne traiterons pas. Nous n’avons pas compétence. Des économistes s’en chargent. Nous savons seulement, comme dit la sagesse populaire, que l’argent fait perdre la tête; et que les gros parcs d’aérogénérateurs industriels contribuent puissamment à « fluidifier les relations sociales », selon l’inventive expression de l’inénarrable sponsor politique et syndical, l’ex-président de l’UIMM.

 

Notre réponse aujourd’hui

Vous avez suscité, Monsieur, une réaction à hauteur de ce que vous avez tenté de nous dissimuler. Vous aviez validé, en début d’année, sans état d’âme, un dangereux projet portant sur le 1/3 du territoire communal !... D’abord incrédules, les gens, alertés, ont réagi amplement, avec le bon sens, la pondération (il en fallait !) et l’énergie que l’on sait. Nous avons nous-mêmes été surpris par la qualité et la compétence de cette mobilisation, désormais générale… A l’exception, à notre connaissance, de Bélesta (et c’est respectable !), s’obstinant encore sur un gros projet local qui lui a été régulièrement refusé, pour atteinte paysagère irrecevable.

Nous avons déposé, selon la jolie formule juridique, un « recours gracieux » auprès de la Mairie de Montalba, conjointement avec l’association Canigonenc, en demandant que soit reconsidéré le vote municipal, les éléments nécessaires à une prise de décision responsable n’étant pas réunis, à notre avis, et les conditions du vote, peut-être, incertaines.

N’étant pas procéduriers, c’est pour nous, d’abord et surtout, un signal, une manière d’attirer l’attention sur des pratiques qui nous paraissent contestables, et de prendre date.

C’est aussi une façon de dire qu’il y a toujours une porte de sortie honorable, en démocratie, aux situations les plus scabreuses. Nous ne sommes pas dans la polémique. Nous avons simplement la réaction de gens qui ont été floués, et qui souhaitent que l’on revienne au plus vite sur un chemin plus démocratique, quand leur avenir est aussi lourdement engagé, et leur horizon, à la lettre, bouché.

C’est enfin une volonté de dire que désormais nous serons là, et même un peu là, pour défendre nos intérêts locaux, notre conception républicaine de l’intérêt général et pour mettre en avant une option rurale, patrimoniale et touristique vivante, pour le Plateau de Montalba.

Nous avons choisi de venir vivre ici, de très longue date, nous y travaillons, nous mettons en valeur le patrimoine de ce terroir où vos experts ont feint de n’y voir qu’un lieu désert à industrialiser. Il suffisait pourtant d’ouvrir les yeux… Homme de terrain, de ce terrain, je les soupçonne de n’avoir jamais (dé)raisonné que sur cartes. Monsieur le Maire, quittez enfin votre bureau ! Je vous propose une visite attentive et une découverte minutieuse de ces sites que vous avez voulu brader, pour tenter de vous persuader de changer d’avis.

« Savoir regarder, apprendre à voir » est une des activités de découverte paysagère, proposées à tous par l’association Chevaux & Chemins.

 

La parole est d’argent. Le silence est-il d’or ?

A M. Robert Olive, nous dirons que nous n’acceptons plus cette conception arrogante de la politique qui se mêle de décider de l’avenir d’un territoire et d’un village sans la moindre concertation de la population. Et qui estime que le seul interlocuteur valable serait le maire. C’est une pensée bureaucratique d’un autre âge et c’est surtout une impasse assurée.

La Communauté de Communes a eu le tort de croire (mais d’où, diable, lui venait l’information ?) que la population du Plateau de Montalba était unanimement prête à accueillir avec enthousiasme des nappes d’aérogénérateurs géants dans ses paysages !

Elle n’était même pas au courant, sans jeu de mot, du projet !

L’enquête d’utilité publique concernant la précédente tentative d’implantation éolienne s’était pourtant déjà soldée par un avis défavorable, rendu par le commissaire-enquêteur. Cela aurait dû alerter les observateurs, sur la sensibilité de l’opinion locale…

Si la Communauté « Roussillon-Conflent » avait simplement écouté les gens du Fenouillèdes , elle aurait vite compris qu’une apparente unanimité de façade du conseil municipal, sur papier, ne vaut pas, et de très loin, accord des habitants. « La carte n’est pas le territoire », répétons-nous souvent. Pourquoi l’oublie-t-on toujours ?

Le mot du Président de la Communauté de Communes Roussillon-Conflent, Monsieur Robert Olive, à la réunion publique, en octobre dernier, à Ille-sur-Têt (L’Indépendant, du samedi 25 octobre 2008, article de Isabelle Goupil) : « Toute possibilité d’une ressource financière nouvelle mérite qu’on s’y attarde. Mais on ne se vendra pas pour n’importe quoi. »

Sur ce point, Monsieur, nous n’avions aucun doute. Mais une reformulation de cette phrase malheureuse serait la bienvenue.

 

Vive l’information

Il ne tient qu’à vous, Monsieur le Maire, d’engager enfin un débat ouvert, sans polémiques, en consultant, je le redis, des experts indépendants et, mieux encore, compétents (sur des tas de choses : le bon usage de l’énergie, l’éolien terrestre, la technologie des gigantesques aérogénérateurs et leurs nuisances, l’économie de ces gros chantiers, la préservation du territoire, la ruralité active qui se met en place etc.). Ces données sont disponibles partout, assez facilement accessibles, qui font la richesse des échanges et permettent, dûment informés, de prendre des décisions lucides et responsables. C’est ce que je suis en droit d’espérer de mes élus.

En attendant, nous vous proposons de vous donner la parole. Vous allez pouvoir, si vous le souhaitez, expliquer votre position auprès des journalistes du Travailleur Catalan, de l’Indépendant, du Monde et du Canard Enchaîné, et de quelques autres. Apprentissage de la démocratie.

 

Nota Bene 1

Bien entendu, c’est notoire, je suis convaincu que l’énergie éolienne a toute sa place d’alibi écologique ou d’appoint économique, dans le pays qui dispose du meilleur parc électronucléaire du monde, à usage interne et à l’exportation. Mais dans des sites pertinents, bien répertoriés (off-shore, espaces dégradés, paysages esthétiquement post-industriels, comme on dit) et sans une population d’otages politiques sacrifiés à on ne sait quel insaisissable intérêt supérieur.

Mon opinion, toute personnelle, est que votre attitude et ce projet actuel, Monsieur le Maire, portent gravement préjudice à la politique pertinente des ZDE, convenablement encadrées, et aux Communautés de Communes qui, légitimement et en toute transparence, souhaitent établir sur leurs territoires des parcs éoliens, en connaissance de cause, après en avoir pesé les avantages réels et les énormes inconvénients irréversibles, et en avoir équitablement informé la population concernée. Avec l’aide d’experts de bon conseil.

Cette lettre s’adresse à vous et non pas à la Communauté de Communes car il n’y a pas de projet de ZDE possible, comme on sait, sans commune d’accueil ou sans village quémandeur.

 

Nota Bene 2

« Chevaux & Chemins » vient d’adhérer à l’association Canigonenc qui a pour vocation de préserver et de défendre, dans l’intérêt bien compris de tous, nos sites exceptionnels, et la qualité de vie qui s’y déploie, contre les menaces qui les mettent, aujourd’hui, clandestinement, en péril.

Canigonenc
La Bergerie des Loups
66130. Trevillach.

 

En espérant que nous pourrons, un jour prochain, Monsieur le Maire, enfin parler sereinement et en confiance, entre autres sujets, d’éoliennes et de territoires…
Il ne tient qu’à vous.
Cordialement.

 

Le 5 juin 2009
Journée mondiale de l’environnement
Antonio Palacios
Président de l’association « Chevaux & Chemins »
Siège social : Mairie de Montalba-le-Château
Correspondance : 2, rue du Rempart
66130 Montalba-le-Château
Courriel : chevauxetchemins@wanadoo.fr

• Copie à Monsieur Le Préfet des Pyrénées-Orientales.

• Ainsi qu’à nos non-interlocuteurs, dans cette curieuse affaire :

- Monsieur Robert Olive, Président de la Communauté de Communes « Roussillon-Conflent » (il y manque, apparemment, « Fenouillèdes »).

- et l’agence « Energies et Territoires Développement », à qui nous en voulons tout particulièrement, pour le grand écart qu’elle a réussi à faire entre intentions publicitaires annoncées et travail rendu : On ne décide pas ainsi, en douce, de l’avenir des gens.
L’examen de vos cartes, et de leur évolution incertaine, nous montre, bien entendu, que la recherche de la pertinence aérologique ou le respect dû à un petit pays, à son patrimoine et à ses habitants n’était pas à l’ordre du jour de vos études commandées. Vous vous êtes contentés de caser, avec brutalité et sans discernement, des aires d’atterrissage pour de futurs chantiers d’aérogénérateurs, à la demande.
(Re)lisez les textes qui heureusement nous protègent. C’est affaire, pour vous, de déontologie.
Nous ne nous attendions pas à trouver, sur nos chemins de maquis, tant de mauvaise foi, dans des projets d’officine. Nous voilà, désormais, aguerris, et vigilants quand il s’agira de nos « biens premiers ».

 

Annexe

Circulaire du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire. Février 2009.

Objet : Planification du développement de l’énergie éolienne terrestre.

« Pour autant, le Gouvernement souhaite favoriser un développement à haute qualité environnementale des énergies renouvelables. Ainsi, le développement des éoliennes doit être réalisé de manière ordonnée, en évitant le mitage du territoire, de sorte à prévenir les atteintes aux paysages, au patrimoine et à la qualité de vie des riverains.

Le Gouvernement entend donc améliorer la planification territoriale du développement de l’énergie éolienne, et favoriser la construction de parcs éoliens de taille plus importante qu’actuellement, dans des zones préalablement identifiées. Compte tenu de l’accroissement prévisible de la taille des parcs éoliens, il est également nécessaire d’améliorer le processus de concertation locale et l’encadrement réglementaire ».

: deux tracts manipulateurs.

Pour prendre date.
Autour d'un projet de Zone de Développement Eolien, sans information ni dialogue ni concertation, un exemple local de discours incivique et incompréhensible pour une position indéfendable.

 

Développement durable

« La bonne réaction est de se demander comment fabriquer moins de CO2. Deux solutions existent : consommer moins d’énergie polluante ou en consommer une autre. Or il n’y a que l’énergie nucléaire qui ne produit pas de CO2. Aujourd’hui, la poussée des Verts sur le photovoltaïque et sur l’éolien est purement irresponsable. Ces deux énergies présentent le même inconvénient. Lorsque le vent s’arrête et le soleil se couche, il faut remplacer l’énergie produite avec un délai de réponse rapide. Le relais ne peut donc être pris que par une centrale à feu et pas par une centrale nucléaire. Résultat, la consommation de CO2 va augmenter. Ceci est démontré par l’association “Sauvons le climat” dont est membre le prix Nobel Georges Charpak.

L’effet sur le budget de la nation est, par ailleurs, catastrophique. La France a pris des engagements vis-à-vis de ceux qui s’équipent en photovoltaïque ou en éolien. EDF va devoir leur acheter cette énergie produite beaucoup plus cher qu’elle pourra la revendre.

En résumé, on encourage la production d’énergie soi-disant non génératrice de CO2 que l’on sera obligé de doubler de centrales à feu. Les écologistes soutiennent que le mégawatt installé en éolien coûte moins cher que celui d’origine nucléaire, en oubliant de préciser que le nucléaire s’utilise 90 % du temps et l’éolien 25 %. Or l’important n’est pas le coût du mégawatt installé mais utilisé ».

Raymond Lévy. Le Nouvel Economiste (23-O3-2010).

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2. Actions pour la biodiversité

Informer sur les biotopes du Plateau de Montalba-le-Château.
Sur ce territoire, nous hébergeons, de façon remarquable, trois "sentinelles de l'environnement":
• Les amphibiens que l'on voit partout au printemps dans les zones humides des grandes cuvettes granitiques
• Les abeilles Noires de Catalogne, avec en particulier l'étape apicole de tranhumance sur les prairies de Lavande Stoechas
• Les chauves-souris, sur plusieurs sites à chiroptères (en particulier sur celui de Montalba, dont l'importance est désormais reconnue et réévaluée), abritant des espèces vulnérables, dont les territoires de chasse sont aujourd'hui menacés.

 

Préserver les zones Natura 2000.
Nous avons le privilège d’avoir, sur le Plateau de Montalba, des Sites d’Intérêt Communautaire.
1/ Sites Natura 2000 du Fenouillèdes (Communes de Montalba-le-Château et Rodès) : Mares Temporaires Méditerranéennes et zones humides.
Opérateur: Conservatoire des Espaces Naturels  Languedoc-Roussillon (CEN LR)
2/ Sites à Chiroptères des Pyrénées-Orientales et Fort de Salses.
Opérateur : Conseil Général des Pyrénées-Orientales.
 

Nous avons le sentiment, pour l’instant, que la position des opérateurs, en matière de préservation de ces zones, n’est pas à l’échelle de la menace imminente qui pèse sur ces lieux, jusqu’ici à l’abri de tout danger sérieux. On assiste, classiquement, à la constitution subventionnée de dossiers-alibis qui encombreront des étagères; en aucun cas, sur le terrain, à la sauvegarde de sites patrimoniaux.

 

Pour une ruralité écologique.
Notre association intervient dans les activités rurales qui permettent la préservation, le développement durable et la promotion de ces territoires, ainsi que dans les activités agricoles qui favorisent un redéploiement de la biodiversité.
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"Produire une nourriture de qualité {...} est aussi devenu un acte politique"
Via Campesina.
 
cultivons
"Mieux vaut tard que jamais" ou l'éternel discours :
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